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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 18:34
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Il est impensable de venir à Berlin et d’en repartir sans avoir contemplé la porte de Brandebourg (Brandenburger Tor) qui s’élève au bout de la célèbre avenue Unter den Linden, sur la Pariser Platz. Le drapeau de l’ambassade de France flotte d’un côté, le palace Adlon exhibe son luxe de l’autre. Quelle que soit l’heure de la journée, une foule innombrable de touristes s’y amasse, venus considérer, prendre en photo l’édifice ou se faire prendre en photo en compagnie de comédiens, déguisés pour l’occasion en anciens soldats communistes. C’est le centre touristique par excellence, tout près du Reichstag (http://colin.zonska.over-blog.com/article-6861484.html).   

 

La porte de brandebourg est chargée d’histoire et d’événements marquants. Son édification se termine en 1791 et c’est à l’architecte Carl Gotthard Langhans qu’on la doit, à l’époque de Frédéric Guillaume II, roi de Prusse. Le quadrige (char à deux roues attelé à quatre chevaux) sur le sommet est créé par Johann Gottfried Schadow (http://colin.zonska.over-blog.com/categorie-1251397.html) et ne sera ajouté que deux ans plus tard. A son bord, Niké, la déesse ailée de la victoire, tient les rennes. Il faut dire que ce quadrige a voyagé puisqu’en 1806, il a été dérobé et emmené à Paris par Napoléon suite à sa victoire lors des batailles de Iéna et d'Auerstaedt. Les Allemands le récupéreront en 1814 après les guerres de libération survenues contre le joug napoléonien. Après la Seconde Guerre mondiale, la porte de Brandebourg est en ruine. Elle sera restaurée en 1956, mais les autorités de l’Est prendront la décision de retirer au quadrige sa croix de fer et son aigle, deux éléments symbolisant le militarisme prussien. Après la chute du mur, ces deux attributs lui seront restitués.

 

Le mur se trouvait devant ce monument et c’est là qu’il est tombé, les nombreuses photos et vidéos d’archives en témoignent. Pendant 28 ans, le monument symbolisait la séparation idéologique et culturelle de l’Allemagne. Deux systèmes antithétiques s’affrontaient, le capitalisme de la République Fédérale d’Allemagne (RFA) et le communisme de la République démocratique allemande, l’un ne pouvant souffrir l’autre. Cette longue attente marquera profondément les esprits, encore plus du côté communiste où un système d’espionnage et de délation se développera pour enrayer toute opposition à la pensée unique.

 

En 1989, la porte de Brandebourg devient le symbole de l’espoir, d’une possible réunification qui aura effectivement lieu un an plus tard. Côté oriental, il est moins évident de faire table rase du passé et de faire comme si le communisme n’était qu’un vilain cauchemar de trente ans. Le système aura marqué des générations, l’enfance et l’adolescence de nombreuses personnes. Après la chute du mur, le chômage et la précarité seront le lot de beaucoup de citoyens de l’Est. Certains regrettent déjà la sécurité matérielle et le noyau familial de la RDA…

 

2007 est une année marquante. De nombreux articles de journaux, dont le très renommé Spiegel, ont consacré leur Une à la génération née en 1989 qui vient d’avoir 18 ans, la première  n’ayant jamais connu le mur. Interviewée, cette fraîche jeunesse livre ses impressions sur cette époque qu’elle n’a pas connu, ce qu’elle en sait, ce que ses aînés lui en ont raconté. Il en résulte que les traces du mur sont encore présentes dans les esprits, souvent transmises par les peurs et les angoisses des parents. Mais le conditionnement s’arrête heureusement là, l’avenir offrant un large éventail de possibilités pour chacun, qu’il vienne de l’ex- Allemagne de l’Est ou de l’Ouest. Quand la chute du mur ne sera plus qu'un événement historique aussi lointain que la Seconde Guerre mondiale, la porte de Brandebourg sera alors là pour rappeler ce qui s’est passé un beau jour de l’année 1961 quand une poignée d’hommes ont cru savoir ce qu’il était bon pour la majorité de leurs concitoyens…                     

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