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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 17:47

Photo d'archive (Süddeutsche Zeitung, 7 octobre 2008)  datant du 13 juillet 1931. Les Epargnants paniquent et viennent en masse retirer leur argent à la caisse d'épargne de Berlin (Mühlendamm) suite à l'effondrement de la Nationalbank, une réaction en chaîne du "jeudi noir", la crise financière de 1929. Aujourd'hui, les banques et l'Etat veulent coûte que coûte éviter un scénario similaire qui donnerait le coup de grâce aux institutions financières.

 

Comme dans toute l’Europe, la crise des marchés financiers préoccupe de nombreux citoyens allemands. La peur est palpable et beaucoup ont peur de voir leurs économies s’envoler à cause de quelques erreurs de lucidité commises par des banques américaines dans l’octroi de prêts hypothécaires destinés à des emprunteurs dits « à risque ».

 

Pour éviter la panique, la chancelière Angela Merkel annonce solennellement que les dépôts sur comptes courants et comptes Epargne sont sûrs. Une telle garantie du gouvernement, les Allemands n’en avaient pas entendue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Le système financier allemand repose sur certaines lois censées assurer les économies des épargnants en cas de banqueroute. Le législateur oblige en effet les banques privées à cotiser sur un compte de sauvetage (Rettungstopf) à même de dédommager les clients en cas d’urgence. Ce compte demeure sous contrôle de l’Etat. Chaque épargnant voit ainsi 90 % de ses économies assurés, mais le plafond ne peut excéder 20 000 euros par particulier.

 

Pour les sommes supérieures à 20 000 euros, les banques privées cotisent à un fonds d’assurance des dépôts (Einlagensicherungsfonds) qui, par le passé, s’est révélé très précieux pendant les périodes de faillite et qui a systématiquement remboursé les clients.

 

Malgré ces garanties, de nombreux particuliers sont inquiets. La chancelière a d’ores et déjà promis que si ces dispositions ne suffisaient pas, l’Etat rembourseraient les clients lui-même. Selon le ministère de l’économie et des finances, l’objectif est d’empêcher que les épargnants ne décident subitement de retirer tout leur argent, ce qui aggraverait lourdement la crise actuelle.

 

Contrairement aux banques privées, les caisses d’épargne (Sparkassen) et les banques coopératives (Genossenschaftsbanken) ne sont pas soumises à la loi sur les cotisations et assurances en cas de faillite car elles ont leurs propres systèmes de sécurité. En cas de difficulté d’une succursale, les autres banques lui viennent en aide ou la rachètent dans le pire des cas.

 

Les assurances vie (environ 700 milliards d’euros) font l’objet de placements relativement sûrs. Seulement 10 % de cet argent est utilisé pour acquérir des actions. Avec des taux d’intérêts actuellement en chute libre, cela pourrait mettre en danger les gains dont les intérêts baisseraient ou stagneraient.

 

Mais dans tous les cas, le gouvernement allemand n’a pas les moyens de lancer de nombreux plans de sauvetages comme il l’a fait pour la banque allemande Hypo Real Estate. Angela Merkel a officiellement annoncé que l’Etat garantirait les dépôts d’épargne des particuliers. Ce dernier versera ainsi 15 milliards d’euros, venant s’ajouter aux 35 milliards de la banque centrale allemande. C'est dire que le monde politique prend le pas sur celui de la finance.

 

Le magazine der Spiegel met en évidence qu'Angela Merkel apparaît la plupart du temps avec son ministre des finances Peer Steinbrück, comme si c'était des "siamois". Elle a besoin de son ministre en tant qu'expert et le ministre a besoin de la chancelière pour intercéder auprès des présidents comme Nicolas Sarkozy ou George W. Bush. Mais le magazine allemand souligne le manque d'assurance de Merkel, sa difficulté à convaincre les citoyens avec ces promesses. Le SPD (parti de gauche) insiste sur le fait que c'est le capitalisme à outrance qui est à l'origine de la crise et que seule une économie sociale de marché pourrait ramener un certain équilibre.

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Nicolas Sconza - dans Société
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