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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 14:24

Les adaptations cinématographiques de romans fleurissent ces derniers mois et il était temps que sorte sur nos écrans celle du roman allemand de Bernhard Schlink Le Liseur (Gallimard pour la traduction française), paru en 1995. Le livre connaît un succès retentissant dans le monde littéraire et le producteur Harvey Weinstein ne tarde pas à acheter les droits cinématographiques un an après sa parution en librairie. Il s'écoulera une dizaine d'années avant que Stephen Daldry (Billy Elliot, The Hours) ne réalise son film.

Signalons que parmi les membres de l'équipe du film, Anthony Minghella (producteur), connu entre autres pour Le Patient anglais et Le talentueux Mr. Ripley et Sydney Pollack (producteur) décèdent en 2008.

Mais qu'est-ce que ce roman a de spécial pour éveiller autant l'intérêt des lecteurs et producteurs ? Il aborde un sujet sensible, celui de l'holocauste, sous un jour nouveau, mêlant aux événements tragiques une histoire d'amour entre un lycéen, futur étudiant en droit, et une ancienne garde d'un camp de concentration.

Tout commence le jour où Michael rentre de l'école. Pris de violentes nausées à cause d'une jaunisse, il s'abrite sous un porche. Hanna, deux fois plus âgée que lui, s'occupe de lui et le ramène chez ses parents. Après quelques mois de convalescence, il décide de se rendre chez Hanna pour la remercier en lui offrant des fleurs. Une histoire d'amour naîtra entre les deux protagonistes, la jeune femme initiant le jeune homme aux rudiments du sexe. Et chose peu commune, elle demandera régulièrement à Michael de lui lire des romans à haute voix. Après quelques mois, Hanna disparaît. Il la retrouvera quelques années plus tard sur le banc des accusés pendant un procès sur l'holocauste.

Réalisant qu'un élément peut influcencer le jugement et aider la jeune femme à s'en tirer à meilleur compte, Michael choisira de se taire, tiraillé entre ses sentiments toujours forts pour Hanna et le dégoût de son passé nazi. Ce n'est que des dizaines d'années plus tard qu'il parviendra à renouer avec Hanna devenue vieille et toujours en prison.

Sans la présence de Kate Winslet, le film n'aurait pas eu la portée qu'on lui connaît. Elle incarne le personnage de Hanna avec une perfection déroutante, rendant bien pâle la performance des autres acteurs. Notons tout de même que David Kross est nommé, lors de la Berlinale 2009, dans la catégorie Shooting stars 2009, récompensant les jeunes talents d'acteur, pour son rôle dans Le Liseur. Pour l'anecdote, les scènes de sexe avec Kate Winslet n'ont pu être tournées que le jour de ses 18 ans à cause de le loi américaine.

Certains films divertissent tout en laissant relativement indifférent. Rares sont ceux qui remuent et marquent durablement. Le liseur fait partie de ces films, durs et émouvant à la fois, qui laissent des traces dans notre mémoire car ils éveillent en nous tout un panel d'émotions. Un film donc à ne manquer sous aucun prétexte.


Sortie en France : 1er avril 2009
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Nicolas Sconza - dans Cinéma
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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 17:16


Le monde du cinéma et les Berlinois attendent avec une impatience non dissimulée la 59e Berlinale, le festival international du film de Berlin. Elle se déroulera du 5-15 février 2009, attirant plus de 19 000 personnes de la profession, venues de 120 pays, et 4 000 journalistes. Pendant l'événement, Berlin vibre au rythme des projections cinématographiques, environ 400 films chaque année, de tout genre, format et durée. C'est aussi l'occasion pour les nouveaux cinéastes de venir présenter leurs oeuvres et de participer à des workshops avec des professionnels de grande expérience.

Plusieurs récompenses sont remises aux lauréats, la plus gratifiante, du moins s'il en est une, étant l'ours d'or. D'autres distinctions existent comme les Teddy Awards, destinés aux films gay et lesbiens, le but étant de faire sortir l'homosexualité du tabou et de l'ombre. Almodovar, François Ozon ou Gus van Sant furent par exemple récompensés, ce qui fut profitable pour leur carrière. Rappelons à ce sujet le documentaire de l'année dernière des réalisateurs italiens Luca Ragazzi et Gustav Hofer intitulé "Soudain l'hiver dernier" qui s'est vu refuser la projection en Italie à cause de sa critique envers l'Eglise et le pouvoir politique mais qui a eu un grand succès dans de nombreux pays de par le monde.

Créée en 1951, la Berlinale est considérée comme l'un des plus importants festivals du monde, au même rang que celui de Cannes ou la Mostra de Venise. Cette année, le jury est présidé par l'actrice britannique Tilda Swinton, très demandée par les réalisateurs. Les autres membres sont Isabel Coixet, auteure et réalisatrice espagnole, Gaston Kaboré, réalisateur africain, Henning Mankell, le célèbre auteur suédois de polars, Christoph Schlingensief, réalisateur allemand, Wayne Wang, réalisateur chinois, et Alice Waters, cuisinière américaine fan de cinéma.

Tilda Swinton, Présidente du Jury de la Berlinale

Parmi les films français en lice cette année, un beau panel de réalisateurs viennent se disputer l'ours : Ricky de François Ozon (avec Alexandra Lamy), La fille du RER d'André Téchiné (Catherine Deneuve, Michel Blanc, Nicolas Duvauchelle), Bellamy de Claude Chabrol (Gérard Depardieu, Clovis Cornillac, Jacques Gamblin), Dans la brume éléctrique de Bertrand Tavernier et Eden à l'ouest de Costa-Gavras, président du jury de la Berlinale de l'an dernier. Avec de telles pointures, inutile de dire que le choix du jury sera rude.


Berlinale 2009 Ours d'or pour le film "La Teta Asustada" de la réalisatrice péruvienne Claudia Llosa

Ours d'argent du meilleur acteur : le Malien Sotigui Kouyaté (London River de Rachid Bouchareb)

Ours d'argent de la meilleure actrice : l'Autrichienne Birgit Minichmayr (Tous les autres de Maren Ade)

Ours d'argent du meilleur scénario : Oren Moverman et Alessandro Camon (The Messenger de oren Moverman)

Ours d'argent de la meilleure contribution artistique (bande son) : le Hongrois Gabor Erdely (Katalin Varga de Peter Strickland)

Ours d'argent Grand prix du jury, prix du meilleur premier film et prix Alfred Bauer : l'Argentin Adrian Biniez (Gigante)

Autre Prix Alfred Bauer : le Polonais Andrzej Wajda

Ours d'argent du meilleur réalisateur : l'Iranien Asghar Farhadi

Invité d'honneur : Maurice Jarre (compositeur de musiques de film, père de Jean-Michel Jarre)

Teddy Awards 2009 :

Meilleur court-métrage : Barbara Hammer A horse is not a mataphor

Meilleur documentaire : John Greyson Fig Trees 

Catégorie reine : Julian Hernandez Raging Sun, Raging Sky 

Meilleur acteur : John Hurt (Elephant Man) dans An Englishman in New York de Quentin Crisp

P
rix d'honneur : Joe Dallesandro (muse d'Andy Warhol et sex-symbol du cinéma underground des années 70)
Little Joe
(documentaire de Nicole Haeusser)


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Nicolas Sconza - dans Cinéma
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 23:00

Séraphine Louis, appelée aussi Séraphine de Senlis, est une artiste peinte née en 1864. Elle travaillera dans un couvent comme domestique avant d'être engagée comme femme de ménage et bonne à tout faire dans des maisons bourgeoises. Persuadée d'avoir reçu du Ciel sa vocation artistique, elle recourra aux matières les plus insolites dans la réalisation de ses oeuvres comme par exemple le sang de porc et la cire de bougie, mélange à la source de son rouge saillant. C'est pendant cette période qu'elle rencontrera le collectionneur allemand et critique d'art Wilhelm Uhde, sur le tard puisqu'elle a 50 ans, juste avant que la guerre de 1914 n'éclate. Le galeriste allemand découvrira des peintres de grand renom comme le Douanier Rousseau et Picasso. Il l'encourage à continuer de peindre et lui prodigue des conseils pour progresser avant de devoir fuir la France à cause de la guerre. 


L'arbre de vie, 1928-1930 
© Musées de Senlis


Elle survit tant bien que mal au conflit mondial et ne retrouvera le collectionneur qu'en 1927, bien des années plus tard. La technique picturale de Séraphine s'est entre temps perfectionnée et les dimensions de ses toiles élargies. Le succès sera au rendez-vous et Séraphine commencera à gagner de l'argent et à changer de vie. Mais la raison l'a depuis longtemps quittée et c'est dans un asile qu'elle finira ses jours, incomprise de tous. Avec l'argent que ses toiles rapporteront, Wilhelm Uhde lui permettra de mener une vie décente au sein de l'asile. Elle mourra vraisemblablement de faim sous l'occupation allemande en 1942.

Ce destin tragique est admirablement jouée par
Yolande Moreau qui a su incarner le personnage dans les retranchements les plus poussés de sa folie. C'est un personnage à la Flaubert que le spectateur découvre sur l'écran, un personnage moins habité par la passion que par l'obsession de sa peinture.

En février 2009, Yolande Moreau recevra le César de la meilleure actrice pour ce film.



Film de Martin Provost
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Nicolas Sconza - dans Cinéma
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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 12:57


Connu en Allemagne sous le nom de Der Baader Meinhof Komplex, c'est le film allemand à ne pas manquer si l'on désire en savoir plus sur la RAF (Rote Armee Fraktion, Fraction armée rouge), l'un des mouvements terroristes les plus longs de l'histoire, soit trois générations de membres actifs. Au début, le film remonte aux événements de 1968 (cf. article ci-dessous Dictionnaire de 1968) qui ont été à la source du mouvement étudiant, présidé par Rudi Dutschke, et de la RAF.

A la base, le groupuscule est principalement fondé par Andreas Baader, Gudrun Ensslin, Horst Mahler et Ulrike Meinhof.  Il se veut être un mouvement de guérilla urbaine antiimpérialiste et communiste. Le premier événement phare est la libération sanglante d'Andreas Baader, le 14 mai 1970, grâce à la journaliste Ulrike Meinhof qui prétexte l'écriture d'un livre en collaboration avec le prisonnier. Le groupe suivra une formation militaire musclée en palestine dirigée par la fatah, l'organisation militaire fondée par Yasser Arafat. A leur retour, ils font la une des journaux allemands par des attaques de banques à main armée, récoltant ainsi plus de 209 000 DM, argent qui leur servira à financer leurs nombreuses actions et leurs planques. L'ex-journaliste Ulrike Meinhof rédigera, en théoricienne radicale, les écrits engagés du mouvement.

Le film dépeint avec un réalisme froid les différents événements marquants du groupe. La violence est au rendez-vous. L'enlèvement du fonctionnaire d'Etat, Hanns Martin Schleyer en 1977, et son exécution par la génération suivante de la RAF a beaucoup marqué les générations allemandes. A l'écran, les divisions du groupe emprisonné et sous écoute sont révélées. Ulrike Meinhof ne comprendra pas que les tendances d'extrême gauche ne cautionnent pas les actions du mouvement et souffrira beaucoup des mésententes internes en prison. Elle sera retrouvée morte dans sa cellule. Suite à une action ratée de la jeune rélève, les membres fondateurs se suicideront à leur tour. Ceci ne marquera pas la fin du mouvement, bien au contraire, puisque la troisième génération de terroristes ne tardera pas à voir le jour. Elle coopérera avec d'autres groupes de la même veine en Europe, comme Action Directe en France.

 

 

 

 

 

Réalisation : Uli Edel d'après le scénario de Bernd Eichinger, durée : 2 h 30, sortie en France : le 12 novembre 2008

 

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Nicolas Sconza - dans Cinéma
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