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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 23:37

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Comme toutes les années, la CSD de Berlin, alias Gay Pride, attire des centaines de milliers de personnes de toutes nationalités, de tout milieu social et de toute orientation sexuelle. Cette année, la marche a démarré sur le Kurfürstendamm, en passant par Nollendorfplatz, la Siegessäule, pour enfin se terminer devant la Porte de Brandebourg où attendait le podium où groupes et DJ se sont succédés. Pendant celle-ci de nombreuses personnes, dont beaucoup d'hétérosexuels, ont soutenu par leur présence et leur sourire le joyeux défilé des chars déversant leurs décibels amplifiés. 

 

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Même s'ils ne faisaient que passer par là, Porte de Brandebourg et Reichstag obligent, de nombreux touristes, qui n'étaient pas vraiment partis pour participer à l'événement, ont tout de même assisté à quelques concerts. Et pour cause il était difficile d'ignorer à la ronde le boum boum des hauts parleurs ainsi que l'épaisse et âcre fumée des grillades.  

 

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Ce qui était au départ très marginal est devenu une célébration attendue et appréciée de beaucoup. Quelques-uns déplorent tout de même l'aspect commercial qui découle du succès de la marche, peut être par crainte de voir biaisé et détourné, à des fins purement divertissantes et sponsorisées, le message de tolérance si cher aux militant(e)s de la première heure.

Une philosophe américaine Judith Butler, à qui un prix devait être remis ce jour-là pour ses recherches en matière d'orientation sexuelle, a tout bonnement refusé la distinction en critiquant le côté superficiel, commercial et parfois raciste de certains organisateurs de la CSD envers d'autres minorités, citant les organisations qui mériteraient davantage ce prix, comme Gladt, une organisation de membres gay, lesbiens et transexuels d'origine turque. Ce à quoi le commentateur a rétorqué que ceux-ci ne constituaient pas la majorité et qu'une collaboration fut déjà proposée mais sans succès. L'argument de la majorité est plutôt bancal et paradoxal de la part d'une même minorité, certes très développée à Berlin.

 

 

Pour ceux et celles qui aspirent à une CSD plus militante et moins commerciale, rendez-vous pour la Transgeniale CSD (que je recommande !) le samedi 26 juin 2010 à 14 H à Rathaus Neukölln pour la marche qui se dirigera comme toutes les années vers la Heinrich Platz (Oranienstr.) à Kreuzberg 36 où des concerts et des discours se tiendront. 

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 21:51



C'est sous une pluie battante que la cérémonie des dominos s'est tenue dont la chute en cascade symbolise la révolution pacifique contagieuse qui a abouti à la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989.
La chancelière Angela Merkel a souligné dans son discours que l'unité de l'Allemagne n'était pas terminée, sous-entendant que la différence de niveaux de vie entre les Bundesländer de l'ouest et ceux de l'est était encore trop marquée même si de nombreux progrès ont été faits en la matière. Bien que des discussions houleuses remettent en question cet impôt mis en place en 1991, les contribuables continuent de payer en Allemagne le Solidaritätszuschlag, destiné à la reconstruction de l'Allemagne de l'est. 
Avec l'humour qu'on lui connaît, Merkel expliqua qu'elle se trouvait au sauna quand la chute du mur a eu lieu. Elle n'en croyait ni ses oreilles, ni ses yeux en constatant qu'on pouvait désormais passer à l'ouest sans se faire tirer dessus, elle qui croyait ne pas connaître la chute du mur de son vivant. "On était sans voix et heureux".

"Nous sommes à présent le peuple le plus heureux du monde" (Walter Momper, maire de Berlin de l'époque)
 

La présence de Mikhaïl Gorbatchev était essentielle à la cérémonie, l'homme sans qui la chute du mur de Berlin ne se serait jamais produite, sinon dans le sang, lui qui a donné l'ordre de ne pas intervenir contre les citoyens de l'ex-RDA qui souhaiteraient se rendre du côté ouest.
Ce lundi 9 novembre 2009, à Berlin, plusieurs centaines de milliers de personnes étaient présentes à l'événement, relayé par les médias du monde entier, permettant à des millions d'autres de se souvenir du passé avec émotion. Le rideau de fer, qui s'étendait sur 1 378 km, aura tout de même duré 28 années. A Berlin, le
musée des fusillés du mur, tout près de la chancellerie, est là pour en témoigner et ne pas oublier. La chancelière a rappelé que la liberté était loin d'être acquise et qu'il fallait sans cesse se battre pour la conserver.
L'ouest exerçait un fort attrait dans l'esprit des citoyens de l'ex-RDA, l'attraction souvent liée au sentiment de répulsion vis-à-vis de l'ouest, insufflée par la propagande communiste de l'époque. Certes, le mur n'existe plus aujourd'hui et cela fait vingt ans qu'il est tombé mais les séquelles persistent et il demeure dans l'esprit de nombreux Allemands car 28 ans de régime totalitaire ne s'estompent pas si aisément. 

Chute des dominos de la Potsdamer Platz à la Porte de Brandebourg 



En direct de la Potsdamer Platz

Loin d'être une composante politique ne touchant que l'Allemagne, le mur et sa chute ont une portée mondiale. Il est un exemple d'excès, de décision arbitraire d'un gouvernement qui justifiait son édification pour la protection des citoyens de l'influence néfaste du capitalisme, même si la principale raison était d'empêcher les citoyens de l'est de partir à l'ouest. Le régime communiste avait en effet perdu 2 millions d'habitants avant la construction du mur. C'est encore pour protéger ses citoyens que la Stasi engageait des inoffizielle Mitarbeiter, des citoyens qui espionnaient leurs concitoyens, parfois leur famille et leurs amis, et répertoriaient dans des fichiers leurs moindres faits et gestes, avec à la clef l'enfermement des opposants au régime. 

 
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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 18:54
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Malediva, sans fard


En couple à la vie comme à la scène (ci-dessus les deux personnages de droite), ces deux comiques n’en ont pas fini de faire éclater de rire et d’attendrir le public germanophone. Ils se produisent sans relâche depuis des années non seulement en Allemagne, mais aussi en Autriche et en Suisse. Car en plus de jouer la comédie ou plutôt de reproduire sur scène des moments de leur vie quotidienne, les deux hommes de 38 ans chantent les chansons que leur compose leur pianiste et compositeur Florian Ludewig (ci-dessus à gauche). Il en résulte un cocktail d’humour explosif, mêlant sketches cyniques et chansons douces, irrésistible même pour un étranger, à condition qu’il comprenne l’allemand. Le spectacle est une vraie prestation de cabaret, avec piano à queue et musiciens. Le public, composé de toutes les générations, n’a qu’à bien se tenir, crises de fou rire assurées ! Pour ceux qui seraient curieux de voir ce dont il s’agit, des extraits sont disponibles sur le site de youtube. L'affiche intitulée Malediva, sans fard  fait allusion à leurs shows précédents dans lesquels ils apparaissaient maquillés, ce qui n'est pas le cas dans le nouveau show.

La première a eu lieu dans le célèbre TIPI au bord de la Spree, tout près de la chancellerie : un imposant chapiteau dont l’intérieur chic et le décor cabaret peut bien rivaliser avec notre Moulin rouge : tapis rouge, tables dressées de napperons blancs, service digne d’un grand hôtel, tout est déployé avec générosité pour en mettre plein la vue au spectateur et faire qu’il n’oublie pas de sitôt ce moment privilégié passé en compagnie de ces artistes de grand talent.      

 



 

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 18:21

Dans le quartier de Kreuzberg, plus exactement dans les rues du 36 (cf. Kreuzberg), ont lieu tous les 1er mai, jour de la fête des travailleurs, des manifestations organisées par des mouvements de gauche et d’extrême gauche ainsi qu’une très importante fête populaire. Le quartier est en effet depuis longtemps réputé pour ses squatteurs et son mouvement punk. Et qui dit fête du travail dit aussi manifestations de la classe ouvrière et des révolutionnaires.

Les débordements commencent en fait le 1er mai 1987. Des barricades sont érigées, des véhicules incendiés, des magasins saccagés. La police, qui ne s’attendait pas à la violence inouïe des affrontements, est contrainte de se replier avant de contre-attaquer un peu plus tard dans la soirée. Depuis, la police est mieux préparée à cet évènement annuel et le tout prendra dès lors l’allure d’un affrontement symbolique de connivence entre les deux partis.

La circulation interrompue, les rues se remplissent d'une foule innombrable, de stands à visée politique (sensibilités de gauche, d’extrême gauche, anarchistes) et alimentaire. L’ambiance est à la fête et c’est la journée idéale pour déguster des spécialités turques comme les Gözleme, allemandes (surtout des saucisses), des gâteaux, des gaufres et même des crêpes. Sur la Mariannenplatz, Mariannenstrasse, dans le  grand parc situé devant la résidence d’artistes (Künstlerhaus) Bethanien, sur la Oranienstrasse et dans les rues environnantes sont organisés des concerts de reggae, de rap, de métal et de rock.


Mariannenstrasse envahie par la foule, baignée d'une odeur de grillades


Concert sur la Heinrich Platz au croisement de L'Oranien- et de la Mariannenstrasse. On peut reconnaître le café Jenseits qui fait le coin (cf. l'article Einstrich-Keinstrich)


Petit concert improvisé


Dans le grand parc devant la résidence d'artistes Bethanien sont accrochées des affiches du PDS (Partei des demokratischen Sozialismus), parti de gauche

 

"Bethanien pour tous. Pas de Privatisation ! Prenez part à notre combat. C'est vous qui décidez maintenant ! Signez la pétition !"
 

Un point d'interrogation hissé le 1er mai sur le sommet du clocher. Que va-t-il advenir du bâtiment hébergeant la résidence d'artistes, le centre culturel, l'école de musique Bethanien qui risque d'être vendu à un investisseur privé ?


 

"Combattre sur le plan international l'exploitation, l'oppression et la guerre impérialiste. La libération ne se fera pas sans révolution"


Drapeau flottant à plusieurs mètres de hauteur délivrant le même slogan en turc


C’est le soir que la fête populaire prend une tournure plus politique et que les affrontements ont lieu entre les manifestants et les autorités. Le quartier, cerné depuis la veille par les forces de police équipées de dizaines de fourgons, prend l’aspect d’un champ de bataille. Outre les sympathisants de gauche, viennent se greffer à la foule, comme dans toute manifestation, des perturbateurs échauffés par l’ambiance et l’alcool. Les jets de pierre et de bouteilles de bière ne sont pas rares et c’est souvent l’élément déclencheur d’arrestations massives, en général plus d’une centaine. Même si le centre névralgique de l’évènement est du côté du Kreuzberg, d’autres affrontements isolés peuvent avoir lieu dans d’autres quartiers comme à Friedrichshain.

 

Policiers prêts à intervenir en cas de débordement

Sur la mariannenstrasse, on peut voir au premier plan les protestataires venus en masse combattre les forces de police. Au loin, on aperçoit une puissante source de lumière, ce sont les centaines de policiers,  prêts à contre-attaquer

 

La fête populaire de la journée vaut le détour et je recommande à toutes celles et ceux qui souhaitent se familiariser avec l’esprit de Berlin de s’y rendre. Les dérives révolutionnaires commencent en soirée à partir de 22-23H.   

           

 

 

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