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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 13:33

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Le Rathaus (l'hôtel de ville) de Neukölln

 

Quand le quartier de Prenzlauer Berg commence à devenir à la mode, il y a bien longtemps de cela, avant que les poussettes et les kitas n'envahissent les rues et que les marginaux ne se boboïsent, un quartier alternatif se profile alors à l'horizon, Friedrichshain, sa Simon-Dachstr. et sa Boxhagener Platz. Cela aura été de courte durée, le trait marginal s'estompant pour céder la place à des spéculateurs et des investisseurs chevronnés. Rénovations de masse, ventes et locations à la chaîne sont la conséquence d'un phénomène de mode dans un quartier qu'on n'hésitait pas à qualifier de sinistré.

 

Neukölln fait depuis longtemps la une des tabloïdes, sans cesse présenté sous son plus mauvais jour : ghetto, zone sensible au fort taux d'immigration et d'atteintes aux personnes, bref à éviter. Un tiers des habitants vivent des aides sociales, comme le Harz IV (RMI), c'est dire si le quartier est pauvre. Le peu d'attrait que les médias entretiendront au gré du fait divers fait le bonheur de certains : loyers très bas pour des superficies habitables défiant toute concurrence. Kreuzberg, victime de son succès, tarde à passer le relais à l'un de ses quartiers adjacents encore abordables, Neukölln. Mais le transfert d'intérêt aura finalement bel et bien lieu.

 

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Un traiteur de longue date sur la Karl-Marxstr.

 

Les citadins sans le sou se passent le mot. Le résultat ne se fait pas fait attendre. A la limite de Kreuzberg, le côté de Neukölln, baptisé Kreuzkölln par le magazine local Zitty, explose littéralement. Nouveaux cafés, bars et restaurants font leur apparition. Le premier bar gay et lesbien, Silver Future de Neukölln ouvre ses portes en 2007, suivront les quelques bars cools de la Weserstr., pas loin du Reuterkiez.

 

Que le phénomène de mode ne s'arrêterait pas là et s'étendrait à tout le quartier jusque dans les profondeurs insondables de Neukölln, ça, personne n'osait l'envisager, vu le côté éphémère des phénomènes de mode. La Weserstr., rue interminable, se prolonge jusqu'à l'extrémité de la zone A, tout près de la S-Bahn Sonnenallee. Deux ans auront suffi pour que les bars poussent comme des champignons jusqu'au croisement Wildenbruchstr. à mi-chemin de l'artère. Au-delà, Neukölln reste reconnaissable et gris, rien à signaler.

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Hermannplatz

 

C'était sans compter sur la perle historique de Neukölln, Rixdorf, que beaucoup de Berlinois découvrent chaque année lors du marché de Noël, le premier week-end de décembre (2e avent). Rues pavées, petits pavillons avec jardins, statue à l'effigie de Frédéric Guillaume I qui accueille les protestants de Bohème (actuelle République tchèque) au XVIIIe siècle, la prestigieuse Richardplatz avec en son coeur son forgeron du XVIIe siècle et son snack aux allures d'ancien pissoir d'époque.

 

Tout commencera à tâtons avec le B-Lage, un bar à l'équipement style brocante, inauguré dans la Schudomastr. en 2008. Le premier café, marché et boulangerie bio ouvrira juste à côté dans la Mareschstr. Quand le bio s'en mêle, on imagine aisément la suite. Tout près de la Richardplatz, le premier café végétalien Vux dans la Richardstr. fait son apparition. Une vraie traînée de poudre. S'ensuivront un café anglais faisant aussi office de friperie dans la même rue. Des cafés sur la Böhmischer Platz et un autre café/marché bio sur la Richardplatz.

 

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Forgeron/Centre pour femme de la Richardplatz

 

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ambiance bucolique

 

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La cerise sur le gâteau est sans doute une boutique de souvenirs pour les touristes, ouverte depuis peu au début de la Hertzbergstr., impensable jusqu'alors, et un salon musical Die Taste au centre duquel trône un piano à queue dans une salle à la déco soignée, le tout un rien provoc dans une Sonnenallee franchement ghetto. Un week-end par mois, on peut y écouter des pièces d'opéra en live dans une ambiance amicale et conviviale.

 

Non loin de là, dans la Treptowerstr., le premier café italien et végétarien apparaît. Et oui Neukölln n'a pas fini de nous surprendre. L'esprit d'initiative est plus aisé quand les loyers des locaux sont bon marché, il suffit d'oser. Les prix augmentent déjà, au détriment des locataires qui commencent à s'organiser pour enrayer la frénésie commercio-culturelle. En vain.

 

Neukölln, entre Hermannstr. et l'ancien aéroport de Tempelhof demeure un peu moins cher car moins prisé mais pour combien de temps encore ? Le bio, le végétarien et le végétalien seraient-ils les nouveaux indicateurs de l'attrait d'un quartier ?

 

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Die Taste sur la Sonnenallee

 

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Pour profiter de la manne que représentent ces nouveaux arrivants, issus de tous les pays, au pouvoir d'achat bien supérieur à celui de la population locale, les chaînes commerciales s'installent sur la Karl-Marxstr. Le premier supermarché bio de la Sonnenallee vient d'ouvrir ses portes il y a quelques mois et ne désemplit pas. Une roumaine qui mendie à l'entrée du magasin rappelle la précarité sociale du quartier, au cas où on aurait tendance à l'oublier.

 

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Les chaînes récemment installées au rendez-vous

 

Victime de son succès, Neukölln passera sans doute dans quelques années le relais à un autre quartier lui aussi décrié, Wedding, en qui personne ne croit non plus. A chacun son instant de gloire.

 

Article du Spiegel : Quand les touristes se joignent aux Berlinois pour protester contre la hausse des loyers.

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Nicolas Sconza - dans quartiers
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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 11:08
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Certains quartiers de Berlin ont beau évoluer et se disputer la vedette, il y en a un qui fait l'unanimité et ce depuis très longtemps, c'est Kreuzberg 36 (ancien code postal), le quartier cool de la ville où de nombreux Berlinois de naissance et d'adoption, même  issus d'autres quartiers, viennent faire la fête. Au programme, de nombreux cafés et bars cool (comme ci-dessus le Mano), franchement même un peu babacool selon les lieux, sont parfois meublés de fauteuils et de canapés de seconde main et proposent une atmosphère décontractée dans des bâtisses d'époque à l'architecture Gründerzeit. Le week-end, il n'est pas rare de voir des artistes de rue y donner des concerts ou de pouvoir assister à un spectacle de marionnettes sur le trottoir en pleine nuit. Pour vous immerger dans cette ambiance d'exception, il vous suffira de descendre à la station Görlitzer Bhf (U1). Les cafés se trouvent sur la Skalitzerstr., que ce soit dans la direction de Schlesisches Tor ou de Kotbusser Tor, et dans les rues adjacentes.

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La fameuse Oranienstrasse est toute proche et propose une variété impressionnante de restaurants et de bars, en before ou en after au choix (comme le Rosi's dont les murs sont recouverts de barbe à papa). Cette rue, victime de son succès, a vu certains de ses loyers doubler, obligeant certains cafés à mettre la clef sous la porte. C'est la cas du Jenseits qui faisait partie du paysage kreuzbergeois depuis des décennies.

Au dessus du supermarché Kaiser's en face de la station Kotbusser Tor, on trouve des bars dansants et des boîtes de nuit, accessibles depuis la cage d'escalier aux allures d'entrée de HLM taguées.

En somme, quartier à ne pas manquer, un bon moyen de palper le Kreuzberg nocturne et l'énergie particulière qui s'en dégage.



Le vidéoclip a été tourné à kreuzberg 36

© La photo en entête est de René Pelliccia 
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Nicolas Sconza - dans quartiers
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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 12:44

Vous l’aurez sans doute compris si vous avez lu les autres articles que ce quartier est le plus à la mode de Berlin et aussi l’un des plus chers, bien que situé à l’Est. La première fois que je m’y suis rendu, j’avais été saisi par les couleurs vives des immeubles. Il est si agréable de flâner sur la Kastanienallee quand le temps s’y prête. L’idéal est de s’arrêter à la station de métro Eberswalderstrasse.


Métro Eberswalderstrasse

Des petits disquaires, un cinéma, des boutiques de vêtements et de souvenirs, des restaurants pour tous les goûts, des cafés, des snacks, des pizzerias jalonnent les deux côtés de la rue.

Snack fish'n chips
 
Boutique Fantaisie

Boutique de vêtements à la mode berlinoise

café idéal pour les petits brunchs du matin

Petit cinéma culturel

 

Il est aussi frappant de contempler l’une des façades anciennes sur laquelle on peut lire en grosses lettres : Kapitalismus normiert, zerstört und tötet (le capitalisme standardise, détruit et tue). L’immeuble, géré par l’administration communale à l’époque de la RDA, a en fait été plusieurs fois vendu, après avoir été illégalement occupé en 1990, et les propriétaires successifs ont en vain essayé de rénover les appartements des locataires qui s’y opposent fermement de crainte de voir le prix de leur loyer s’envoler. Encore chauffé au charbon, l’endroit a également vocation sociale et culturelle puisqu’il abrite entre autres un centre de distribution de denrées alimentaires collectées auprès des supermarchés du quartier pour les personnes les plus pauvres et une galerie d’art non commerciale du nom de Walden. Résistance somme toute à l'esprit capitaliste mais pour combien de temps encore ?

 

Interdit aux spéculateurs, jeu de mots avec les mots Speku- et Land (pays)

J’avais été particulièrement stupéfait en mangeant une glace dans le café Kauf dich glücklich (« sois chanceux en achetant ») sur la Oderbergerstrasse. Les spécialités de la maison sont les gaufres, les glaces et les milk-shakes. L’intérieur est décoré de mobilier, de lampes et d’objets en tous genres avec la particularité que tout ce qui s’y trouve (ou presque) est à vendre. Sur la terrasse, des tables et des chaises de toutes les couleurs, tout droit venus de l’ex-RDA.

 


"Kauf dich glücklich", spécialiste des gaufres et boutique d'objets divers.
 

Non loin de là se trouve un antiquaire un peu spécial qui m’a fasciné car il propose tous les objets qu’on pouvait trouver en RDA : sièges à poil blanc ou rouge, lampes arrondies de couleur orange, abat jour en colonne, vieilles platines et radios, livings, le tout entouré de tapisserie à ronds orange sur fond jaune. Les magasins de ce genre véhiculent ce que l’on nomme l’« Ostalgie » (ou nostalgie de l’Est), une aubaine pour les touristes, un rêve un peu macabre pour ceux qui ont bel et bien vécu en ex-RDA.
 

 

Brocante recelant de tous les objets de l'ex RDA
 

Inutile de vous dire que j’ai eu l’impression quant à moi de retomber en pleine enfance quand j’allais avec mes parents chez mon oncle ou chez mes grands parents paternels dans les années 1980. Ils avaient, à l’époque, aménagé leur appartement en fonction de la mode des années 70, kitsch à souhait vu d’aujourd’hui. Tandis que j’observais les étalages, ce sentiment fut accentué quand je découvris sur un fauteuil au tissu un peu usagé deux petites peluches, l’une blanche et l’autre marron, semblables presqu'en tous points à la peluche kiki que je reçus en cadeau il y a bien longtemps de cela. Non seulement Berlin me découvrait des facettes insoupçonnées mais elle réveillait en moi des souvenirs enfouis dont j’avais depuis longtemps oublié les contours.



 

 

 

 

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Nicolas Sconza - dans quartiers
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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 02:27

Comment savoir au juste si l’on est réellement à l’est de Berlin. Fut un temps, après la chute du mur, on pouvait se fier à la forme des petits bonhommes rouges et verts des feux de signalisation qui signalait au touriste qu’on se trouvait à l’est. Mais depuis un souci d'assurer un avenir à ces Ampelmännchen après la chute du mur (littéralement petits bonhommes du feu de signalisation), on a fini par les trouver dans les quartiers de l’ouest et il ne s'agissait dès lors plus d’une donnée infaillible.


Ceux qui connaissent bien Berlin vous diront qu’on ressent l’ambiance de l’est et je suis le premier à souscrire à cette impression même si cela dépend des quartiers. Peu avant la seconde guerre mondiale et pendant l’existence de la RDA, Friedrichshain était le quartier industriel des travailleurs et des usines. Non loin de la Mariannenplatz qui jouxte la frontière entre Kreuzberg et Friedrichshain, je m’en étais aisément rendu compte. Je me souvins que j’avais pris tout droit en direction de la Spree (fleuve qui traverse Berlin) et ce fut un tout autre décor qui se dressa sous mes yeux. C’est dans le contraste que j’avais le mieux saisi ce que signifiait la notion abstraite d’« ambiance » de Berlin-est. Sur le Schillingbrücke (Brücke=pont), des bâtiments de brique rouge, qui ressemblaient à des usines, m’accueillirent et, même après avoir traversé le pont, les édifices n’avaient plus le même aspect qu’à Kreuzberg.

 

Vue depuis le Schillingsbrücke

Tout paraissait gris et l’architecture des immeubles m’évoquait la laide modernité des immeubles des années 1970 (qu’on trouve tout de même également aux alentours de la station Kottbusser Tor de Kreuzberg). Tout euphorique du fait des irrégularités architecturales de l’environnement urbain, je ne pouvais m’empêcher de trouver un certain exotisme à la capitale allemande qui décidément m’en mettait plein la vue depuis le début.          

Il est très déstabilisant de se promener sur la Karl-Marx Allee et sur son prolongement, la Frankfurter Allee, car ces boulevards sont immenses et l’architecture des immeubles gigantesque. Quand je m’y suis rendu, j’ai tout le long eu l’impression d’évoluer dans une autre dimension. En dépit de la présence de magasins divers, je ne pouvais m’empêcher de me dire que je trouvais le quartier désert et d’un calme inquiétant et ce, malgré la circulation de nombreux véhicules sur la grande avenue, à mettre sûrement sur le compte de la monotonie des façades en cet endroit. 

 

Immeuble longeant d'un côté la Franfurter Allee
 

Les deux tours, s’élevant au sortir de la station Frankfurter Tor m’arrachèrent à cette sensation. Leur toit vert et leurs colonnades me donnèrent l’impression de me trouver à l’entrée d’une vraie ville gréco-romaine et pour cause « Tor » en allemand signifie porte.

 

Frankfurter Tor

Lorsque je sortis à la station Warschauerstr., je fus aussitôt frappé par le dénuement des alentours. Je traversai le pont de la S-Bahn (RER allemand), dominant perpendiculairement une multitude de rails, juxtaposés les uns à côté des autres et filant à perte de vue.
 

Une toile publicitaire occupait tous les étages de la devanture de l’immeuble situé sur ma gauche. Les vitres brisées ci et là m’indiquèrent que le bâtiment était abandonné. Je pris, un peu plus loin sur ma droite, la Revalerstr. dont un mur de brique rouge, couvert de tags et d’affiches publicitaires superposées à l’infini, constituait la partie latérale de droite. Autant dire que l’ensemble me rappela certaines parties industrielles de la Lorraine.





Dans la Revalerstr., je longeai sur ma gauche quelques cafés, restaurants et boutiques en tous genres et arrivai au niveau de la Simon-Dachstr., l’une des rues qui ont actuellement la cote auprès des jeunes. Les brasseries déployaient leurs terrasses sur les trottoirs car le soleil printanier daignait bien s’y prêter. Le sentiment de vide s’estompa alors pour laisser la place au même étonnement que j’avais éprouvé en découvrant les cafés de Prenzlauer Berg, quartier tendance, actuellement le plus cher de Berlin.

 

Cinéma café restaurant sur la Simon-Dachstrasse

 

café restaurant sur la Simon-Dachstrasse

Friedrichshain est en effet connu pour être l’alternative. Malgré une propension toujours plus grande à vouloir se démarquer de ce concurrent direct, je trouvai que certaines de ses rues étaient habitées des mêmes cafés et finissaient de plus en plus par y ressembler, ce qui n’est pas sans engendrer quelques problèmes avec le voisinage résidant. Depuis quelques années, des travaux de rénovation des immeubles ont été entrepris et les prix ont sensiblement augmenté dans les ruelles les plus fréquentées. Néanmoins, Friedrichshain est très étendu et le quartier conserve dans son ensemble, du moins pour le moment, son caractère authentique. Que Friedrichshain soit le quartier alternatif à la mode générale n’est pas si étonnant surtout que, dans les années 1920 et 1930, il était le QG des sociaux-démocrates et des communistes. Après la prise de pouvoir par les nazis, de nombreux affrontements sanglants eurent lieu entre ces dissidents politiques et les troupes de la SA (faction militaire du parti nazi).

Continuant mon périple, je passai devant une grande variété de cafés et de restaurants, émerveillé par la sérénité et le caractère oisif qui se dégageait de l’atmosphère du tout. Tandis que j’arpentai les rues avoisinantes, j’avisai la présence de quelques locaux vides sur la vitre desquels figurait la mention « zu vermieten » (« à louer »). Je m’imaginais sans peine la configuration future du même quartier dans quelques années quand Berlin se hissera au niveau économique des plus grandes capitales européennes. Le nombre des locaux à louer diminuera sans aucun doute et de grandes chaînes se disputeront le moindre mètre carré de surface commerciale. Mais je ne tardai pas à chasser cette pensée de mon esprit car je souhaitais savourer le privilège qui m’était donné d’être dans la ville que j’aime à appeler « nouvelle », si loin de la concentration et de l'uniformité, parfois fade, des autres capitales.       

 

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Nicolas Sconza - dans quartiers
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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 03:02

Kreuzberg est un quartier très vivant du sud-est de Berlin. La population, composée d'un grand nombre de jeunes de moins de trente ans, y est très hétérogène et métissée. Comme tous les quartiers de Berlin, Kreuzberg constitue une grande ville à lui tout seul. Depuis des années, deux arrondissements se font face à l'intérieur de cette grande zone géographique : le Kreuzberg 36, correspondant aux deux derniers chiffres de l'ancien arrondissement et le Kreuzberg 61, chiffres que l'on on retrouve quant à lui dans le code postal actuel (10 961). Inutile de préciser que nombre d'habitants des deux parties respectives sont fiers d'appartenir à l'une plutôt qu'à l'autre, même si les cafés (dont les cafés "Lounge") et les restaurants ont de plus en plus tendance à se ressembler. 


La partie de Kreuzberg que beaucoup de Berlinois nomment encore "Kreuzberg 36" est la plus populaire des deux. La station de métro Kotbusser Tor, souvent redoutée des personnes qui n'ont pas l'habitude des "rôdeurs", peut-être considérée comme l'un des pivots central du "Kiez" (le mot allemand pour qualifier deux ou trois rues animées d'un quartier).


Il est vrai que quelques groupes de marginaux ont l'habitude d'occuper l'intérieur de la station, une bière à la main. Toutefois, il est monnaie courante de croiser par exemple des punks dans la capitale allemande ce qui s'harmonise parfaitement avec les tags sur murs des immeubles du 36. Qui a dit qu'on ne pouvait retourner dans le passé... Malgré les immeubles vétustes, aux façades mal entretenues, que l'on peut observer au sortir de la station, il est très agréable de flâner dans le quartier.

 

 

L'une des sorties de la station de métro Kottbusser Tor

 

 

Les nombreux cafés, restaurants et boutiques de la Oranienstrasse n'ont rien à envier à ceux des rues du 61. En Allemagne, les boissons sont en général moins chères que dans les brasseries et cafés français. C'est  peut-être l'une des raisons pour lesquelles la "vie de café" est très répandue dans de nombreuses villes allemandes et Berlin est loin de faire figure d'exception. Ce qui tend à s'y propager, ce sont les cafés Lounge, dont l'intérieur et le design sont très modernes. Toutefois, Le Kreuzberg 36 recèle d'une variété de cafés cohabitant sans problème les uns à côté des autres. Ainsi il n'est pas rare de trouver un café lounge à côté d'un modeste café à l'intérieur très démodé qui, lui, ignore superbement les tendances design du moment. Ce mélange autant de genres que de niveaux de vie au sein d'une même rue peut donner une idée de l'ambiance qui règne dans certains quartiers de Berlin.  

En matière de diversité, les restaurants et les snacks ne sont pas en reste. Chacun pourra trouver ce qu'il aime selon ses goûts : restaurants indiens, japonais, pizzerias, snacks libanais et turques, boulangeries allemandes et turques. Pour celui qui voudrait goûter à la cuisine allemande, plus rare à berlin que dans d'autres villes d'Allemagne, il pourra se rendre dans un tout petit snack qui propose des spätzle (spécialité de pâtes du sud de l'Allemagne) cuisinés de différentes manières.

 

 

Boulangerie turque sur la Mariannenstrasse


Les petites boutiques sont également très présentes et finissent d'apporter leur contribution à l'ambiance du tout. Vêtements en tous genres, chaussures, décoration intérieure, gadgets,  cordonniers, pressings, magasins de vélos, papèteries, librairies...            

Le 61 est la partie plus chic de Kreuzberg, desservie entre autres par les stations de métro Mehringdamm et Gneisenaustrasse. Après avoir gravi les marches du métro, le visiteur sera frappé de l'accueil que lui feront les bâtiments aux façades très claires et parfaitement soignées. Non loin de là, la Bergmannstrasse, la rue la plus animée, offre à la vue des passants un très grand nombre de cafés lounge, restaurants, snacks et boutiques de toutes sortes. Le niveau de vie se situe un cran au dessus de celui de Kreuzberg 36. Malgré un côté bourgeois plus tape à l'oeil, les prix restent très abordables selon les endroits. On s'étonnera même de trouver une grande boutique de vêtements d'occasion (second-hand) proche de boutiques très à la mode, comme c'est le cas à Mehringdamm, l'immense boulevard auquel mène la Bergmanntrasse. De la même manière, il ne faudra pas être surpris de voir plusieurs snacks libanais y côtoyer des cafés-restaurants plus onéreux.

 

 

Boulevard du Mehringdamm
(la Fernsehturm au loin)

 

 

 

Devanture des immeubles du boulevard du Mehringdamm

 

 

Bergmannstrasse


Dans les deux parties, les cafés et restaurants ne désemplissent pas. Le 36 et le 61 ont chacun beaucoup à offrir et les différences qui les ont séparés pendant de nombreuses années tendent à s'estomper. D'aucuns trouveront cela dommage et préfèreront le temps d'avant, époque que je n'ai malheureusement pas connue mais que je n'ai aucun mal à me représenter du fait des particularités encore propres à chacunes, garantes de leur identité. Je connais personnellement les lieux pour y avoir vécu (le 61) et y vivre d'ailleurs toujours (le 36). Il est certain que Berlin est une ville qui n'en finit pas de changer, mais certainement à l'instar d'autres capitales européennes, avec pour seules différences pour Berlin que c'est une ville nouvelle (en partie détruite pendant la seconde guerre mondiale) et que les changements sont plus rapides d'une année sur l'autre. J'aurais beaucoup aimé connaître l'époque dite de la "Wende", juste  après la chute du mur. Mais j'étais trop jeune à l'époque pour vivre seul à l'étranger, j'avais en effet 10 ans. Le mur demeure, malgré tout, toujours dans les esprits en dépit de sa disparition physique et il est encore possible de percevoir à l'architecture des immeubles, au bonhomme des feux rouges ("Ampelmännchen", même si on trouve de plus en plus ce bonhomme à l'ouest), à l'ambiance des rues si l'on est à l'ouest ou à l'est de l'ancien mur. On peut également observer à certains endroits des plaques dorées à l'endroit du mur avec les dates 1961-1989. Kreuzberg, situé à l'ouest, est néanmoins limitrophe de Berlin-est puisqu'il touche, non loin de la Mariannenplatz (36), le quartier de Friedrichshain. Peut-être qu'une partie de l'aura de ce quartier est venue s'insinuer dans les rues de Kreuzberg 36...

 

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Nicolas Sconza - dans quartiers
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